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Août, le jardin écologique

Le jardin du Soleil, Villandry, août 2012

Le château de Villandry, symbole du jardin à la Française, démontre aujourd’hui qu’il est possible de concilier la rigueur d’un jardin d’exception avec l’écologie. Fin 2008, nous avons décidé de ne plus utiliser d’insecticides chimiques pour lutter contre les ravageurs des fruitiers, rosiers, légumes produits dans le potager. Nous ressentions le besoin de préserver l’environnement, de protéger la santé des jardiniers et également d’offrir aux nombreux visiteurs un lieu sain où ils pourraient croquer une pomme et manger une grappe de raisin sans résidus de pesticides.

L’objectif est de garder un jardin remarquable, entretenu avec rigueur, tout en intégrant les activités d’entretien dans un écosystème équilibré. Pour cela il faut réguler les populations d’organismes ravageurs afin de limiter les dégâts sur les végétaux et encourager la diversité des espèces naturellement présentes dans le jardin. Après analyse de cette première année test, nous avons décidé de ne plus employer de produits chimiques sur l’ensemble du parc. La société Biobest nous a conseillé pour la partie technique concernant la lutte contre les ravageurs et nous avons sollicité l’aide du CETU Innophyt (organisme universitaire) afin d’observer le retour de la biodiversité dans le jardin.

Les actions mises en place :

  • Arrêt des insecticides chimiques : remplacés par l’introduction d’auxiliaires.
    Exemple : larves de coccinelle contre les pucerons, punaise anthocoride contre le psylle du poirier…
  • Remplacement des fongicides chimiques par des produits à base de composés minéraux, organiques ou oligo-éléments pour lutter contre les maladies cryptogamiques (champignon du feuillage).
    Exemple : bouillie bordelaise contre le mildiou, purin d’ortie pour renforcer les défenses naturelles du rosier, zinc et silice pour protéger la surface foliaire.
  • Utilisation d’engrais composés à 100 % de matières d’origine organiques utilisables en agriculture biologique, diminution des apports pour éviter le lessivage.
  • Remplacement des désherbants chimiques par les outils anciens (binette, paroir,…) et le travail manuel, utilisation de désherbeur thermique à gaz, changement du type de sol afin de limiter la prolifération des « mauvaise herbes » et de faciliter l’entretien des allées.

Ces 4 domaines d’action sont complétées par de l’information auprès des visiteurs du parc afin qu’ils comprennent notre démarche, et acceptent de bon cœur de voir à Villandry quelques feuilles enroulées par les pucerons ou bien quelques mauvaises herbes pas encore binées par les jardiniers. Des animations pédagogiques sont dispensées aux scolaires qui sont initiés à la lutte biologique ; ils apprennent ainsi, entre autre, à reconnaitre les insectes et les autres animaux amis des jardiniers.

Après 3 ans de protection biologique, les résultats sont très encourageants. Les recensements des insectes présents montrent une grande diversité de population, le retour de certains papillons, des sauterelles et des mantes religieuses, mais également d’insectes plus petits, prédateurs de pucerons. La Ligue de Protection des Oiseaux (LPO) de Touraine a recensé tout au long de l’année les oiseaux de passage et nicheurs sur le site ; les résultats donnent plus de 80 espèces observées.

Les visiteurs du jardin apprécient de se promener dans un lieu préservé et repartent avec quelques légumes « bio » les jours de récoltes. Notre action démontre qu’il est possible de concilier un jardin remarquable et touristique avec une abondante diversité biologique. En suivant ces quelques exemples, il ne s’agit plus de domestiquer la nature mais d’intégrer le jardinage dans le fonctionnement d’un écosystème.