LA CONSTRUCTION DU CHÂTEAU DE VILLANDRY À LA RENAISSANCE

Le Château de Villandry est le dernier des grands châteaux de la Loire érigés pendant la Renaissance dans le Val de Loire. L’élégance sobre de son architecture alliée au charme de ses jardins remarquables font de ce monument l’un des fleurons du patrimoine mondial.

Une conception architecturale d’avant-garde

Sous l’impulsion de François Ier qui mène une politique culturelle dont l’ambition est de concurrencer la suprématie italienne, le Val de Loire s’enrichit à la Renaissance de nombreux châteaux. L’élégance et la légèreté architecturale des nouvelles demeures situées en bord de Loire marquent une rupture avec la masse imposante des forteresses défensives que connaissait la France jusqu’alors. Le Roi choisit de faire construire à Chambord et, tandis que l’aristocratie se refuse à la modernité, ce sont les secrétaires royaux qui bâtissent à Azay-le-Rideau, Chenonceau, Bury ou bien encore Villandry.

Jean Le Breton, ministre des finances de François Ier, exploite à Villandry son exceptionnelle expérience de l’architecture acquise sur de nombreux chantiers dont celui du château de Chambord qu’il a surveillé et dirigé pendant de longues années pour le compte de la Couronne.
A son arrivée à Villandry en 1532, il fait raser l’ancienne forteresse féodale à l’exception du donjon, témoin dramatique de l’entrevue du 4 juillet 1189 durant laquelle Henri II Plantagenêt d’Angleterre reconnaît sa défaite face à Philippe-Auguste, roi de France, et signe le traité dit « la Paix de Colombiers » deux jours avant de mourir.

 

A la place de ce château-fort il fait édifier, accolé au donjon, trois corps de logis d’une grande simplicité apparente, formant un fer à cheval ouvert sur les perspectives de la vallée où coulent le Cher et la Loire. Galeries à arcades, fenêtres à meneaux entourées de pilastres richement décorés, hautes lucarnes au gâble sculpté, toitures d’ardoise aux fortes pentes et aux volumes amples, forment le cadre d’une cour d’honneur aux proportions d’une rare élégance, l’ensemble étant empreint du principe architectural de l’époque : la symétrie.

À Villandry, pourtant tout proche et presque contemporain d’Azay-le-Rideau, les influences italianisantes et les souvenirs médiévaux – tourelles, clochetons, mâchicoulis décoratifs – ont entièrement disparu au profit d’un style plus simple, purement français qui, notamment dans la forme des toitures, préfigure Anet, Fontainebleau et ce que sera plus tard le style Henri IV. L’originalité de Villandry ne se situe pas seulement dans une conception architecturale d’avant-garde : elle est aussi dans l’utilisation qui a été faite du site pour y construire, en pleine harmonie avec la nature et la pierre, des jardins d’une remarquable beauté.

Des jardins déjà remarquables

Féru d’architecture, Jean Le Breton porte également un intérêt certain à l’art des jardins qu’il a eu le loisir d’étudier alors qu’il était ambassadeur à Rome. Les temps ont changé. Les forteresses féodales font place à des châteaux délicats, les remparts deviennent des murs qui laissent désormais le regard se projeter sur le paysage alentours, le jardin clos et utilitaire du Moyen-Âge fait place au jardin d’agrément, transition douce entre la demeure et la nature environnante. Villandry ne fait pas exception à la nouvelle mode. Au pied du château, dominant le cours du Cher, sont aménagés des jardins dont la splendeur fait déjà la réputation du domaine au-delà du seul Val de Loire.

POUR EN SAVOIR PLUS SUR VILLANDRY

Bibliographie

Robert & Henri CARVALLO, Le Château de Villandry, Editions Plume (1998)

« Villandry », Connaissance des Arts, Hors série n°164

Henri CARVALLO et Jean-Baptiste LEROUX, Le Château de Villandry

Catherine GRIVE et Jean-Baptiste LEROUX, Fastueux Châteaux de la Loire, Déclics

Le château et les jardins pas à pas

A travers 2 promenades, l’une dans le château, l’autre dans les jardins, découvrez ou redécouvrez Villandry sous un nouvel angle.