Les jardins de Villandry renouent avec le style Renaissance

L’acquisition de Villandry par Joachim Carvallo marque un retour aux sources pour les jardins. Déjà réputés pour leur beauté à la Renaissance, ceux-ci sont remaniés par les divers propriétaires, tantôt en jardin à la française, tantôt en parc romantique. Avec la minutie du scientifique, Joachim Carvallo rend au château réhabilité des jardins à sa mesure.

Des jardins bouleversés au fil du temps

Depuis la construction du château de Villandry en 1532, des jardins remarquables agrémentent l’édifice. Au fil des époques, au fil des modes, leur physionomie a été bouleversée. On sait aujourd’hui grâce à l’archéologie qu’il y avait à la Renaissance, un potager décoratif, à proximité immédiate du château.
Au XVIIIe siècle, le parc est agrandi et s’enrichit d’un jardin à la française puis d’une pièce d’eau en forme de miroir Louis XV. Lorsque Joachim Carvallo visite Villandry en 1906 « Le parc [est] constitué à l’anglaise, en vallonnements et mamelonnements (…), planté de maintes espèces exotiques récemment importées: cèdres, pins, thuyas, magnolias, massés sur les revers de monticules artificiels. Le château lui-même [disparaît] au milieu d’une forêt d’arbres et de verdure. »

Une restitution scientifique

Le parc romantique n’est pas au goût de Joachim Carvallo et entre 1908 et 1918, il se consacre à la restitution des jardins Renaissance. Pourquoi ? Parce qu’il considère que le château Renaissance, auquel il finit de rendre toute sa majesté, doit avoir des jardins en adéquation.
En homme de science, il réunit, en suivant une démarche scientifique, plusieurs indices archéologiques et littéraires. Des vestiges de soubassements et de canalisations mis en parallèle avec des plans anciens, comme celui du Marquis de Castellane ou le cadastre napoléonien lui permettent de replacer le potager décoratif tandis que des ouvrages comme Les Plus Excellents bâtiments de France ou le Monasticon Gallicanum lui donnent une idée de l’aménagement paysager à la Renaissance.
Pour les salons d’ornement qu’il restitue sur leurs terrasses initiales, il fait appel au peintre Lozano et à Javier de Winthuysen, artiste et paysagiste espagnol qui créé le salon des croix et celui de l’amour. Le salon de la musique doit sa conception à Joachim lui-même.
Pour le jardin d’Eau, dit « classique », typique du XVIIIe siècle, il utilise les plans du Marquis de Castellane, immortalisés par le cadastre Napoléonien.
Loin de n’être qu’une simple copie de jardins reproduits dans des traités d’architecture, les jardins de Villandry sont une réinvention. Du tracé au choix des végétaux, tout a été pensé afin de revenir aux origines du jardin français de la Renaissance.

Des jardins en constante évolution

Fidèles à Joachim Carvallo, ses descendants s’emploient à conserver et à faire évoluer le domaine de Villandry avec la rigueur et l’abnégation qui font les jardins remarquables.
Le jardin des Simples est une création des années 1970 ; quant au jardin du Soleil, inspiré d’un dessin de Joachim, il est inauguré en 2008 et fête en beauté le centenaire de la restitution de ces jardins d’exception.
Inscrits dans leur époque, les jardins de Villandry ont pris le tournant du bio en 2009. Désormais, et plus particulièrement dans le Potager, les méthodes de travail s’inspirent de la gestion raisonnée avec pour devise : observer pour prévenir, prévenir pour éviter les traitements chimiques.

POUR EN SAVOIR PLUS SUR VILLANDRY

Bibliographie

Robert & Henri CARVALLO, Le Château de Villandry, Editions Plume (1998)

« Villandry », Connaissance des Arts, Hors série n°164

Henri CARVALLO et Jean-Baptiste LEROUX, Le Château de Villandry

Catherine GRIVE et Jean-Baptiste LEROUX, Fastueux Châteaux de la Loire, Déclics

Le château et les jardins pas à pas

A travers 2 promenades, l’une dans le château, l’autre dans les jardins, découvrez ou redécouvrez Villandry sous un nouvel angle.